mercredi 29 décembre 2010

Tailladage

Il y a comme un écho.
Au loin.

Un murmure qui m'éclaire et s'intensifie dans la nuit.
Jusquà la brûlure parfois.

Je m'éloigne un peu jusqu'à ce que cela redevienne une caresse.
Oui.
Là.
C'est bien.

J'ouvre les yeux. Je lis. Je me regarde. Je me demande si ma peau n'est pas décevante. Finalement. Il fut un temps où mon ventre. Et puis non. Mon regard me pèse. Je continue. Il y a le bras qui témoigne et l'autre qui crie pour lui. Les hanches que j'ai aimées saillantes mais qui baissent aujourd'hui les yeux. Je cherche un angle. Je ne suis qu'une courbe.
Une courbe bien trop tendue pour être épousée.

Je me regarde. Je déclenche l'obturateur. Ici et là. Ensuite je visionne et je me jette. En morceau.

















Je me demande, si j'ai réellement la bonne taille.

dimanche 19 décembre 2010

Ta globalité m'échappe



Avec ton autorisation
je te découpe en rectangles inégaux

Chacun d'eux, l'objet de mes soins
de mes murmures, de ma chaleur, du bout de mes doigts, de ma curiosité, de ma gourmandise, de mes expérimentations.



Je commence par là.
Sous ton armure de fragilité
Je te vole
Un bref instant
Un fragment
Tu veux bouger
Tu ne veux pas bouger
Tu veux bouger
Tu bouges
Ce soir j'admire mon butin

Du regard




















mercredi 15 décembre 2010

évidemment

je pourrais (devrais?) n'en choisir qu'un

mais

m'y résoudre me semble impensable

alors
je les prends tous

tous sauf un




je prendrais bien aussi
une toute toute petite place 
dans l'immensité de ton bleu



mardi 14 décembre 2010

Ma chair

A nu
A vif
A mal

me réclame ta peau
pour s'en vêtir


Emoi de loin

Les couleurs en dedans
Les mots rentrés
Le visage clos
Les nerfs à fleur

Ton être se cristalise
dans un geste
dans un mouvement

dans un élan
pur et toujours un peu définitif

Ton corps prend forme
Ton corps prend vie

Tes épaules dessinent ton désordre et t'ordonne à la fluidité

Tu te soumets
et ta beauté
ne sachant plus où se cacher
fait tomber les masques superposés

lundi 13 décembre 2010



        Je te regarde
  par la fenêtre


   Tu me rappelles cette phrase :

    "On imagine un homme qui aurait connu la nuit bleue des quais de gare.
     Un homme qui aurait gardé son manteau tout le voyage"




dimanche 12 décembre 2010

Des sous

J'aime imaginer ta nuque
Sous ton écharpe, sous ton col, sous ta peau, sous les nerfs


J'aime imaginer ta nuque
Sous mon regard, sous mes doigts, sous la caresse, sous la morsure





Tu dormais
Enfin le sommeil chassait douleurs et tourments
sans que je puisse savoir lesquels étaient aigus, lesquels étaient graves

Je suis restée, là.
Un long moment suspendu.

Peut-être était-ce un peu pour veiller sur ton souffle,
Peut-être était-ce pour étirer notre ligne de présence,

Peut-être était-ce pour me perdre dans ce rêve un peu fou
où ta main
me cherche
où ta main
me trouve

où ta main m'emmène auprès de toi
dans ce songe où nous dormons

émus mais blottis
 





















- Au fait, combien tu mesures sans tes talons?
- 1m63
Mais prends-garde, mon ombre est bien plus grande
Bien plus grande que moi!




samedi 11 décembre 2010


Tu n'as pas bougé

Et
Au lever du jour, j'étais à tes côtés
J'ai murmuré
"laisse-toi", "laisse-moi"
toucher

Sous ta peau, je pouvais sentir ton sang bouillir
Ta sève monter
Tes veines se gonfler
Ton coeur éclater
Tes pupilles crever tes paupières

Ma main a effleuré le chemin
Le papier peint a tremblé
Le verre d'eau a débordé


Je me demande où se trouve cet hôtel aux murs délavés
Je me demande si ce sera l'après-midi

Je me demande si tu pourras ne pas bouger






















Mon écorce, de failles se fissure
Tes mots de chair m'emplissent

vendredi 10 décembre 2010

Tirer
Etirer

La lueur
Rester auprès d'elle encore un peu.
Prolonger.
Marcher, errer, imaginer, tourner, retourner, goûter, humer, espérer..

ET

Se faire rattraper par la nuit
Se faire grignoter par l'ombre
Se faire ronger








ET

Rentrer rentrée
Sans savoir vraiment comment
Sans savoir vraiment pourquoi

Monter tremblante
Poser la main sur mon ventre, en imaginant que c'est le tien

Et nous voir
précisément
Précis. Aimant.




mardi 7 décembre 2010

et puis

il y a
ce bouillonnement



qui m'effraie

Il y a
ce que je me refuse
depuis + un complément de temps infini
Il y a
ces images qui m'aiment-hantent + un adverbe d'intensité qui en vaut dix
Il y a
ces chutes à conjuguer à toutes les puissances


Il y a
d'un côté
de multiples modalités de viol
et
de l'autre
la pénétration espérée de tes mots


Je crois

que la lumière
nous brûlera

que la parole
nous tuera

que le regard
nous blessera

et
qu'entre ces croyances, s'immiscent, par fulgurances, des 'mais', des 'si', des pactes, de l'obscurité, du silence et des gestes lents...

lundi 6 décembre 2010

Je garde tes derniers mots
Jalousement.

Et quand le manque me tord le ventre.
 
Je croque.

Un peu. Pas trop.
Pour qu'ils durent longtemps. Pour qu'ils durent lentement.

Je suis là. Petite fille. Assise sur un banc de taches de rousseur.
Les lèvres gonflées de gourmandise. Je viens de te voler un paragraphe entier.
Je le serre contre moi.

Heureuse, je cours vers toi.
Mais j'ai chaud.
Alors,
Les mots s'évaporent. En corps.

dimanche 5 décembre 2010

au loin - au fond

Et si tout cela n'était qu'une tentative

ultime

de trouver un rivage
où s'échouer

Arrimer ses sens
Tes pores. Ta peau. Ton sel.

et s'enfuir
et s'enfouir

honteuse de cette avidité frileuse


jeudi 2 décembre 2010

Emballement

En apparence, tout est lisse.
L'air est perçant.
Le limpide tenace.
L'enchantement répété. Convenu.

Je me laisse tomber. A genoux. J'attends.
Que le tissus absorbe la pellicule immaculée.
Que l'humidité glacée me mange la peau.

Mes doigts s'enfoncent.
Cherchent la matière. Cherchent l'odeur.
Cherchent la pousse. Cherchent la tourbe.

Je vais laisser le froid du dehors rejoindre le froid du dedans.

Et puis.
En fermant le yeux.
Je m'imaginerai.
Rentrer.
Fourbue.

Et toi. De tes mains.

-me déshabiller-me ramasser-m'envelopper-me soulever-m'enlever-m'emmailloter-m'empaqueter-m'emmitoufler-m'entraîner-me transporter-me plaire-me ravir-m'exalter-me griser-

Et nos cœurs 
de nos peaux
s'emballer


lundi 29 novembre 2010

Il, c'est tu

En elle.

Il a trouvé une pièce vide.
Il ne s'est pas installé tout de suite.

Il a pris des mesures, envisagé un placard. Puis y a renoncé.
De la paume, il a parcouru les murs et constaté qu'ils étaient chauds, un peu usés.

Il s'est assis, s'est relevé. Il a posé une serrure et ouvert la porte.
Grand.

Parfois, elle passe par là.
Toupie,
Elle se cogne aux angles de l'espace.
Elle laisse, dans son sillage, de petits chagrins.
Et repart.

En attendant, il range. Il n'aimerait pas qu'à son retour, elle trébuche.


Elle les imagine au hasard. Elle le rêve dans une foule. Elle l'invente. Elle aime ça.

Il est son sourire flottant.
Là, au fond.




mercredi 24 novembre 2010

Je



tangue
vacille

de loin on pourrait penser que je danse
mais je ne danse pas
je tombe







 
tu vois
moi aussi
je me garde mal





lundi 22 novembre 2010

Nous serions

      là                                  









et la seule lumière serait ta peau                                          
et                                          
si                                          
par mégarde ta langue s'aventure                                          
je reprendrai avec délectation mes travaux de couture                                          











                                         

dimanche 21 novembre 2010

J'aime bien

Quand tu avales ta langue



..et que tes mots, pris de panique, se ruent dans les sorties de secours de tes doigts..

samedi 20 novembre 2010

Les mouvements me pèsent.




















Je ne bouge plus. J'arrête. J'attends.
Mon regard semble fixer les mouvements désordonnés des feuilles derrière le plastique bleu mais ils ne fixent rien, même pas le souvenir.

Je ne bouge plus. J'arrête. J'attends.
Que les membres s'engourdissent.
Que le tissus du divan imprime ma peau de petits rectangles irréguliers.

Ensuite, je les regarderai s'effacer en me disant qu'ils s'évaporent plus vite que la sensation de tes frôlements...

vendredi 19 novembre 2010

Non

Me voir, tu ne pourras.



La lumière bleutée baignera ta peau.
















Je me pencherai délicatement pour te coudre les paupières

Les perforations.
Des caresses.
Enfilées. Reliées.
Six points à droite. Sept à gauche. Nous évitons la symétrie.

Et, lorsque tu seras clos
Je m'ouvrirai.

mardi 16 novembre 2010


ça brûle
au fond
Je te parle

Mais mes mots ne sont pas à la hauteur.
Alors je rebobine.
J'arrière.
Toute.



Mais l'ancre n'est pas levée. La beauté de ton silence l'a balancée un beau soir par dessus bord.
Je ne peux aller bien loin.

Un jour. Mes sens. Mes tremblements. Ta friche.

dimanche 14 novembre 2010

Vases communicants

Le coeur s'est emballé comme pour chercher à s'arrêter.
Nuit usée à vouloir ralentir.

Hier la pluie était enfin au dehors.
Et le courage de mouvoir le corps est venu. Accepter. Accepter. Le monde. Les autres. Les chocs. Les autres. Les frôlements. Les autres. Les égratignures. Les autres.

Le paysage intérieur encore détrempé, je m'étais parée.
Rituellement.
Rouge. Bouche. Noir. Yeux. Bas. Combinaison. Soie.
L'armure était en place.
J'étais sortie la tête haute malgré le verbe encore un peu rentré. Au dedans.



Le cœur a failli.
Contraignant à me retirer.

Où est donc ce souffle quand je ne l'ai plus?

Et
Toi. Là. De sève gorgé. Prêt à emplir.
Et
Moi. Loin. Vide. Effrayée à l'idée de te vider.

samedi 13 novembre 2010

Il y aura toujours

cet homme
assis
non loin

avec qui cheminer
Partir travailler
Rentrer sans précipitation
Regarder les reflets des fenêtres défiler

Il y aura toujours cet homme
assis non loin
dans un silence bienveillant
et qui, où que j'aille, m'accompagne

Hier, c'était un grand-père absorbé de littérature
Ce matin, un trentenaire pendu à son téléphone
De quel couleur seront ses cheveux ce soir?
Portera-t-il une barbe, sera-t-il rugueux ou bien lisse?

Il m'arrive d'espérer
A la sortie du train
Qu'il continue à me suivre

Mais pas toujours