Nous marchons sur les traces enneigées de février. Nos pas sont déliés et textuels. Tu me devances pour capturer des regards. Je reste légèrement en retrait pour goûter ton sillage.
Nous déambulons. Les rues. Les pavés. Le pont. Les lampadaires importés d'un temps lointain.
Nous déambulons dans une carte que personne ne postera jamais.
Je pose ma joue, ici et là. Contre la brique. Contre le métal. Contre le gel.
Je cherche à m'assurer que rien ne me réveillera lorsque tu t'approcheras.
Mais nous n'en sommes pas encore là.
Frissonnants, transis nous pénétrons dans une taverne surchauffée. Il reste une petite table, près des toilettes. L'atmosphère est bruyante, presque moite mais rien ne nous importe sinon redécouvrir nos mains, gourmandes, avides l'une de l'autre lorsque nous ôterons nos gants.
Tu retires ta veste. Ton ventre jaillit. C'est le diable. Tu es la boîte.
Mon désir tressaille.
Déjà.
Je ravale. Je calme. Nous n'en sommes pas encore là.
A la table voisine, un couple ne se déchire pas. Elle parle sans discontinuer dans une langue qui nous échappe. Lui ne prend pas la peine de faire mine d'écouter. Elle se répand encore et encore. Quand il se lève pour enfoncer son ennui dans les portes battant l'effluve d'urine, elle ne le remarque pas tout de suite et continue seule à se déverser.
Nous sourions. Tu commandes un expresso serré serré, moi un latte. Respectivement deux et quatre sucres.
Parfois nos regards se soutiennent et j'entends ton souffle se couper, ton coeur s'arythmer.
Tu laisses ton bras glisser le long de la banquette que je dis marron et toi verte. Sans que j'aie le temps de bouger, ta main -infinie et vaste- remonte le long de mes bas.
Mes sens tempêtent. Tambourinent. Demande à sortir. Je ne peux plus respirer. Te voilà vengé.
Un partout.
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